L'espoir d'un cessez-le-feu au Liban
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L'espoir d'un cessez-le-feu au Liban
Un cessez-le-feu entre le Liban et Israël a été annoncé après des semaines de guerre. Le Liban n'a pas déclenché ce conflit, mais il en a absorbé une grande partie des conséquences. Plus de 2 000 personnes ont été tuées, et entre 1,1 et 1,2 million de personnes ont été déplacées. Dans un pays d'environ 5,8 millions d'habitants, cela a touché une part significative de la population.
Ces derniers jours, des informations faisant état d'un possible cessez-le-feu avaient circulé au Liban. Sa confirmation apporte une pause après une période de bombardements soutenus. La dernière semaine a été parmi les plus intenses de la guerre, et dans les heures précédant l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, les frappes se sont multipliées dans plusieurs régions.
L'accord reste limité. Il est temporaire et ne résout pas les problèmes sous-jacents. Les forces israéliennes devraient rester dans certaines parties du sud du Liban pendant cette phase. Les termes permettent une action continue dans le cadre de ce qui est décrit comme de la légitime défense, ce qui laisse de la place à des incidents qui pourraient affecter la stabilité du cessez-le-feu. Les responsables libanais ont déjà mis en garde contre les violations, tandis que sur le terrain, la situation reste tendue.
La situation dans le Sud du Liban
Le Sud du Liban a subi d'importants dégâts. De nombreux villages ont été fortement touchés, et certaines zones ont été presque entièrement détruites. Les routes, les maisons et les infrastructures locales ont été endommagées ou rendues inutilisables.
Suite au cessez-le-feu, certaines familles ont commencé à retourner dans leurs villages. Beaucoup retrouvent des maisons réduites en ruines et des services soit endommagés, soit absents. L'accès à l'électricité, à l'eau et aux soins de santé reste inégal, et les déplacements sont toujours affectés par les conditions de sécurité.
Lors de sa visite à Jezzine, le Patriarche Béchara Boutros al-Raï a fait référence directement à ce qu'il avait vu sur la route. Il a décrit des familles déplacées revenant « portant leurs matelas sur leurs épaules », retournant chez elles et sur leurs terres malgré la destruction. Il a déclaré que cette scène « brise le cœur », car les gens retournent vers ce qui a été endommagé ou perdu. En même temps, il a dit que cela reflète un profond attachement à la terre et un refus de l'abandonner.
La présence de forces militaires dans certaines parties du sud continue de façonner la vie quotidienne. Le cessez-le-feu a réduit le niveau de violence, mais il n'a pas établi de conditions stables. La vie civile reste contrainte par l'incertitude et par un accès limité aux besoins essentiels.
Les villages chrétiens du Sud
Plusieurs villages chrétiens près de la frontière sud restent habités, notamment Rmeich, Ain Ebel, Debel, Qlayaa et Marjayoun. Malgré les ordres d'évacuation et les combats à proximité, les résidents sont restés sur place.
Ces villages ont été moins directement endommagés que certaines zones environnantes, mais ils sont affectés par l'isolement. Les routes d'accès ne sont pas toujours fiables, et l'approvisionnement dépend de livraisons qui peuvent être retardées ou interrompues.
Le clergé local a parlé de ces conditions en termes directs. À Debel, un prêtre a rapporté que des médicaments essentiels comme l'insuline n'étaient plus disponibles et que même l'eau potable était devenue difficile à obtenir. Dans d'autres villages, les efforts de livraison d'aide ont été confrontés à des retards ou des interruptions en raison des conditions de sécurité.
La vie quotidienne dans ces villages dépend de ce qui peut être acheminé. Le cessez-le-feu n'a pas encore clairement changé cette réalité. L'absence d'un cadre de sécurité stable continue d'affecter l'accès et la vie quotidienne.
Aide et soutien
L'aide humanitaire continue d'atteindre certaines parties du sud, bien que l'accès reste inégal. Les livraisons comprennent de la nourriture, du carburant et des fournitures médicales, mais les conditions sur le terrain peuvent retarder ou empêcher leur arrivée.
Les Nations Unies restent actives dans le soutien à travers le Liban. L'Ordre de Malte joue également un rôle important dans le sud grâce à son réseau de services de santé et sociaux. Sa présence permet un contact soutenu avec les communautés qui restent sur place.
Lors d'une récente rencontre avec des représentants locaux des villages du sud, l'Ordre de Malte a réaffirmé son engagement à rester présent et à continuer de soutenir ces communautés. Son travail comprend des services de santé, un soutien médical et une assistance adaptée aux besoins locaux.
Toute l'aide envoyée par le biais de cette initiative passera par l'Ordre de Malte. Cela fournit un canal structuré pour la distribution et permet à l'assistance d'atteindre les villages qui restent habités.
Arrivée de l'aide de l'Ordre de Malte à Rmeich
Rester sur sa terre
La question de rester ou de partir reste centrale. Lorsque des familles quittent leurs villages sous pression, le retour est incertain.
Le Liban a déjà connu un déclin de sa population chrétienne sur plusieurs décennies, en grande partie dû à l'émigration liée aux conflits et aux conditions économiques. Lors de l'indépendance en 1943, les chrétiens constituaient la majorité de la population. Aujourd'hui, ils représentent une part plus petite.
La poursuite de la vie villageoise dans le sud s'inscrit dans ce contexte plus large. Lors de sa visite, le Patriarche Raï a déclaré que « la terre est notre identité », et que l'homme ne peut vivre séparé d'elle. Il a présenté la terre non seulement comme un lieu de résidence, mais comme une partie de l'existence et de l'appartenance d'une personne.
Il a également fait référence à la situation plus générale du peuple libanais, affirmant que malgré les crises répétées, il continue de se relever, comme si « une main cachée le relevait ». Il a attribué cette résilience à la foi et à des racines profondes dans la terre.
Un appel à la paix
Lors de sa visite à Jezzine, le Patriarche Béchara Boutros al-Raï a rappelé les paroles du Christ tirées de l'Évangile selon Saint Matthieu :
« Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:20).
Il a présenté cela comme une promesse concrète. Cela signifie que l'homme n'est pas laissé seul dans la souffrance, et que le Christ reste présent même dans les moments de guerre et d'incertitude.
Se référant à nouveau à la situation sur le terrain, il a parlé du retour des familles déplacées et l'a décrit comme à la fois douloureux et significatif. Il a ensuite abordé la question de la guerre en termes directs, demandant :
« Pourquoi la guerre ? La guerre a-t-elle jamais rien accompli ? »
Il a répondu que toute guerre est une perte. Selon lui, même ceux qui semblent gagner perdent, car la guerre « détruit l'être humain avant de détruire la pierre », et remplace la confiance par l'hostilité. Il a ajouté que « la guerre ne construit pas un avenir ; elle détruit le présent et vole le demain ».
Il a également parlé de la fatigue du peuple libanais, disant qu'il est fatigué du « meurtre, de la destruction et de voir sa jeunesse partir ». Il a souligné qu'« une seule bombe peut détruire ce qui a été construit pendant de nombreuses années ».
Il a rejeté l'idée que la guerre reflète la force. Il a dit clairement que « la vraie force est dans la raison, dans la sagesse, et dans la capacité à dialoguer », et a ajouté :
« C'est une honte pour nous de ne pas négocier ».
Il a expliqué que le dialogue préserve la dignité lorsqu'il se déroule « d'égal à égal », et qu'il reste le seul moyen d'atteindre un résultat stable.
Il est revenu au message chrétien lui-même, déclarant que Dieu n'a pas abordé l'humanité par la violence, mais par le dialogue. Le Christ est venu apporter l'amour plutôt que la violence, et le pardon plutôt que la vengeance. De là, il a conclu que la mission chrétienne reste une mission de paix.
Il a également décrit le Liban comme un pays façonné par la coexistence, rappelant les paroles du Pape Jean-Paul II selon lesquelles le Liban est « plus qu'un pays, c'est un message ». Il a dit que ce message doit être préservé par la paix.
À Kfarfalous, il a lié ce message à la vie quotidienne. Il a déclaré que le retour à la terre est un chemin de restauration, et un projet de soutien à mille agriculteurs dans la région de Jezzine a été lancé lors de cette visite.
Il a conclu par un appel à la poursuite du cessez-le-feu et à l'instauration d'une paix durable, déclarant que « la paix est la grandeur de l'homme, tandis que la guerre est sa faiblesse ».
Perspectives actuelles
Le cessez-le-feu offre une pause dans les combats. Il permet une reprise des mouvements et ouvre la possibilité de discussions supplémentaires. En même temps, les conditions sur le terrain restent incertaines.
Dans le Sud du Liban, et particulièrement dans les villages proches de la frontière, la vie quotidienne se poursuit sous contrainte. L'accès aux besoins essentiels, les conditions de sécurité et la capacité à rester sur place dépendront de l'évolution de la situation dans les prochains jours.
La priorité immédiate reste de maintenir l'accès à ces communautés, de soutenir ceux qui sont restés, et de s'assurer que l'aide continue de leur parvenir.