Le Grand Vendredi : Le mystère de la Croix dans l’Église maronite
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La tradition maronite conçoit le Grand Vendredi comme le moment où le Christ entre dans la mort et la vainc. La Croix n'est pas seulement abordée comme un lieu de souffrance, mais comme le lieu où la mort est vaincue.
Cette compréhension vient de la tradition syriaque. Elle prend au sérieux la souffrance du Christ, tout en gardant toujours son issue en vue. La Croix est lue en conjonction avec la Résurrection. La mort n'est pas traitée comme une fin, mais comme quelque chose dans quoi le Christ entre pour la détruire. Comme l'explique Saint Éphrem, la mort rencontre dans le corps du Christ la cause de sa propre défaite. Ce qui était destiné à tuer devient le moyen par lequel la mort elle-même est terrassée.
La liturgie du Grand Vendredi reflète cela. Il n'y a pas de consécration eucharistique ce jour-là. L'Église ne répète pas le sacrifice, mais se tient devant lui. Ce qui a eu lieu est rendu présent. Les fidèles reçoivent ce qui a déjà été donné.

Dans le rite maronite, cela est montré dans la Cérémonie du Calice. L'Hostie consacrée du Jeudi Saint est placée dans le calice. Cela ne crée pas une nouvelle consécration et ne complète rien d'inachevé. Cela montre que le Christ se donne tout entier. Son Corps et Son Sang appartiennent à la même offrande.
Marie au pied de la Croix
Après l'autel, l'Église se tourne vers Marie. Cela suit le mouvement de la liturgie. Le sacrifice a été présenté aux fidèles. Maintenant, ils y sont entraînés. Marie se tient au pied de la Croix d'une manière unique. Elle reste avec son Fils et partage Sa souffrance. En elle, l'Église voit ce que signifie rester fidèle. Sa douleur ne la brise pas. Elle reste unie au Christ. Elle se tient comme la Nouvelle Ève devant l'Arbre de Vie et témoigne de ce qui commence là.
Mon bien-aimé, mon bien-aimé
Dans quel état es-tu ?
Celui qui te voit, pleurerait pour toi
Tu es le seul et unique sacrifice
Mon bien-aimé,
Quel blâme les nations t'ont-elles infligé ?
Elles t'ont fondu de blessures,
Auxquelles aucune guérison ne ferait
Quand dans l'obscur jardin la nuit
Le Dieu Créateur s'agenouilla et pria
La Vie priait avec Celui
Qui donna espoir et prière à la vie
Les oliviers pleurent
Tandis que les lèvres des hommes tremblent
Mon bien-aimé, comment t'en iras-tu ?
La loyauté est-elle partie pour toujours ?
Mon bien-aimé, mon bien-aimé
Dans quel état es-tu ?
Celui qui te voit, pleurerait pour toi
Tu es le seul et unique sacrifice
La Procession

Les fidèles y participent à travers la procession du catafalque funéraire, une plateforme utilisée pour transporter le corps du Christ. Cette structure, appelée Naash en arabe, représente le Christ mis au tombeau et est portée à travers l'église. Cette procession reflète le Christ entrant dans la mort elle-même. Il va au lieu des morts pour briser son emprise et ouvrir le chemin à la vie. Les fidèles marchent avec Lui. Ce n'est pas seulement un rappel de ce qui s'est passé. C'est une manière d'y entrer.
À la fin de la liturgie, les fleurs placées sur le catafalque sont données aux fidèles. Le Christ est entré dans la mort. La mort ne retient plus ce qu'elle retenait auparavant. Sa descente marque le début de sa défaite.
Le silence qui suit demeure. Ce qui a eu lieu est réel, même si cela n'est pas encore pleinement visible. Le chemin à travers la mort a été ouvert.
Le Grand Vendredi n'est pas seulement commémoré. Il est vécu. Rester avec le Christ dans Sa souffrance, c'est déjà se tenir dans Sa victoire et avancer vers la Résurrection.
Les images utilisées dans cet article montrent les célébrations du Grand Vendredi dans différents lieux, y compris Montréal et le Liban. Elles reflètent la manière dont ce jour est vécu au sein de l'Église Maronite dans diverses communautés, même dans des circonstances difficiles.
Sources : Pages Facebook de Maronites Canada, de la Présidence Libanaise et de la communauté de Rmeich.